RELIQUES…

Ah !comme j’aurais voulu voir Jésus ! Le voir de mes yeux, l’entendre de mes oreilles, parler avec lui… Peut-être même lui serrer la main?… Et comme j’aurais aimé voir Thérèse ! La rencontrer, échanger avec elle… et avec ses parents !

Mais de Jésus il ne reste rien. Rien de palpable, je veux dire : rien qu’on pourrait toucher en se disant : « eh oui, c’est bien cet objet qu’il a touché, et celui-là aussi. » Ses mains et les miennes ne se sont pas touchées, mais c’est quand même un peu ça à travers cet objet....

Avec Thérèse, c’est un peu ça. On a beaucoup de photos d’elle (alors qu’on n’en a pas une de Jésus, évidemment). On peut voir son visage, pas beaucoup son sourire parce que les appareils photo de l’époque ne le permettaient guère, mais certaines photos nous la rendent vraiment présente.

Et on a ses écrits : les 3 grands manuscrits où elle raconte sa vie en profondeur, ses nombreuses lettres (du moins celles qu’on a pu récupérer), ses poésies et ses prières (que des artistes aiment chanter)…

Pour moi, ce sont ses principales reliques : des écrits où elle a mis beaucoup d’elle-même, des écrits qui me parlent, qui me touchent, qui m’éclairent, qui me consolent ou me secouent, mais toujours pour me tirer en avant, avec elle, vers Dieu…

Même chose avec les quelques 218 lettres de Zélie. Des lettres très intéressantes à lire, qui nous permettent de suivre ses espoirs et ses joies, ses peurs et ses souffrances, au fil des 9 naissances et des 4 décès de ses enfants. On découvre aussi le bon côté et les problèmes de sa vie professionnelle avec ses 25 ouvrières et ses clients exigeants ; ses questions et ses réflexions de femme et de chrétienne au fil des événements, même quand la guerre amène des soldats allemands à loger dans leur maison ; ses appréciations sur les prêtres de la paroisse et les missionnaires de passage… Ah oui, on la voit devenir Sainte à bien des moments, par exemple lorsque, vers 45 ans, elle apprend que sa maladie va l’emporter.

Les reliques ne sont pas des porte-bonheur, leur but est simplement de nous faire penser aux saints, de nous faire toucher du doigt la réalité de leur vie, et surtout de nous rappeler leur chemin de sainteté. On touche – ne serait-ce qu’avec les yeux – un fragment d’os, ou un bout de tissu qui a touché le corps de la personne, ou un bout de papier sur lequel elle a écrit, ou autre chose, et on peut se dire : «  c’est vrai : elle a réellement existé, comme moi ; et elle a vraiment eu avec Dieu, avec Jésus, avec Marie, une relation bien plus profonde que moi… Pourquoi je ne ferais pas comme elle ?» alors je lui demande de s’occuper un peu de moi, de m’éclairer sur Jésus et ses attentes, de me guider pour mieux entrer en relation avec lui, peut-être de secouer ma paresse ou mon manque de confiance pour m’approcher vraiment de lui, enfin qu’elle me guide pour me mettre vraiment à sa suite, sans la copier, sur le chemin de sainteté, dans ma vie avec Jésus et ma vie avec tous ceux qui m’entourent.

Clément