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TOUT  EST  GRACE !

ou : l'art de « profiter de tout »

à la manière de Thérèse

« Grâce » : don de Dieu, cadeau peut-être, en tout cas occasion ou canal par lequel Dieu nous communique quelque chose de sa lumière et de son amour, pour nous faire comprendre ce qu'il attend de nous.

« Profiter » : le mot peut choquer (Thérèse, une profiteuse ?) Pourtant, elle emploie souvent ce verbe (ou bien « tirer profit » ou un équivalent). Nos publicités ne sont-elles pas des appels permanents à « profiter » de ceci ou de cela ? Il peut être intéressant de regarder ce que Thérèse nous propose sous ce titre alléchant « Profitez de tout ! »…

« Tout » vraiment ? Même une maladie ou une catastrophe ? Oui tout, répond Saint Augustin, qui ose ajouter « même le péché », et il parle en connaissance de cause (mais alors là, franchement, où on va ???)

« Tout est grâce », finalement c'est une façon de parler (comme lorsqu'on dit « le soleil se lève » alors que c'est la terre qui tourne) ou un « raccourci de langage » (comme lorsqu'on dit que le Christ nous rachète par ses souffrances, alors que c'est par l'amour qu'il a mis à vivre ses souffrances, ce qui est tout autre chose). La force de cette formule « tout est grâce » veut nous faire comprendre que tout peut être occasion de grâce, c'est-à-dire que tout ce qui nous arrive peut faire grandir en nous la vie de Dieu.

 

Alors, en quoi consiste l'art de Thérèse pour réussir à profiter de tout ?

Elle dit par exemple : Je vois toujours le bon côté des choses. Il y en a qui prennent tout de manière à se faire le plus de peine. Pour moi, c'est le contraire. Si je n'ai que la pure souffrance, si le ciel est tellement noir que je ne vois aucune éclaircie, eh bien ! j'en fais ma joie… (JEV 35).

Son secret, c'est l'amour, à la suite de Saint Jean de la Croix qui écrivait : « Depuis que j'en ai l'expérience, l'AMOUR est si puissant en œuvres qu'il sait tirer profit de tout, du bien et du mal qu'il trouve en moi, et transforme mon âme en SOI ». Citant cette parole, Thérèse ajoute : Oh qu'elle est douce la voie de l'amour ! Sans doute, on peut bien tomber, on peut commettre des infidélités, mais, l'amour sachant tirer profit de tout a bien vite consumé tout ce qui peut déplaire à Jésus, ne laissant qu'une humble et profonde paix au fond du cœur… (A 83r).

Le 5 juin 1897, alors que la tuberculose la ronge depuis 18 mois, épuisée et proche de sa mort (le 30 septembre), et alors que son entourage craint fort qu'elle ne puisse recevoir « les derniers sacrements » elle confie à sa sœur Pauline : Si vous me trouviez morte un matin, n'ayez pas de peine : c'est que Papa le bon Dieu serait venu tout simplement me chercher. Sans doute, c'est une grande grâce de recevoir les sacrements ; mais quand le bon Dieu ne le permet pas, c'est bien quand même, tout est grâce.

Mettons-nous donc à l'école de cette maîtresse spirituelle, pour qu'elle nous apprenne comment nous y prendre pour profiter vraiment de tout ce qui nous arrive...

Clément PICHAUD      27/03/2020