Adieu à l'être aimé

Comment vais-je arriver sur l’autre rive, je n’en sais rien.

Il y aura sans doute un passage par la lumière d’en haut

en quittant ici-bas, mais comment ce sera, je l’ignore.

Ce que je sais, c’est que j’emporterai avec moi

les plus beaux moments de mon chemin quotidien sur terre,

et surtout, les sourires de ceux et celles que j’ai aimés.

Une chose est sûre : je rencontrerai le visage de l’amour,

car je crois qu’au terme de cette existence quelqu’un m’attend,

et son nom est plus parlant que tous nos langages.

Le vent de la vie m’entraîne avec lui vers d’autres horizons,

et vers cette destination espérée je me laisse porter, libéré de mes épreuves. 

Je m’en vais, allégé, vers quelqu’un qui me tendra les bras

et qui m’accueillera comme je suis, 

car c’est le visage de l’amour, la source de tout ce qui vit. 

Je suis sûr de reconnaître en ce visage bienveillant

tous les visages de ceux et celles qui m’ont aimé.

Je quitte ce monde, j’abandonne mes réalités de chaque jour,

mais l’amour demeure, il est plus fort que tout…

Le vent de la vie, nul ne sait d’où il vient, nul ne sait où il va,

mais il est comme un souffle qui ranime,

une respiration aux dimensions de l’univers,

et quand se tournent les pages du temps et qu’il faut se dire adieu, 

pourquoi oublier

que quelqu’un nous aime et nous tend les mains …

Abbé Alain-René Arbez 

© 2019 par Fraternité Missionnaire de la Plaine et de Ste Thérèse