Hommages rendus à Monique
le jour de ses obsèques  à Aigrefeuille d'Aunis
vendredi 25. 03. 22

Texte de sa soeur Marie-Andrée

Bonjour à tous,

Merci d’être venus pour dire un dernier au revoir à Monique et rendre grâce pour sa vie.

Née en 1937 à Melle, entre les mains de ton grand-père, une chute malencontreuse de trapèze dans ton enfance a entravé ta vie, mais tu as peu à peu surmonté ce handicap avec des hauts et des bas.

Au milieu de tes six frères et sœurs, tu étais la quatrième.

En 1951, nos parents ont pensé que tu serais mieux pensionnaire à Pont-l’Abbé d’Arnoult chez les sœurs de la divine Providence de Ribeauvillé, sœurs alsaciennes qui s’étaient réfugiées en Charente Maritime pendant la guerre. 

Tu y as été heureuse, car tu aimais le contexte de franchise et de simplicité qui régnait dans l’internat

Au moment de ta majorité tu as choisi d’être institutrice. Tu as commencé à Saujon.  Là, tu as lié amitié avec Jocelyne Robin que tu as rejointe au Maroc en 1962. Cette amitié a duré toute ta vie. De Blaye Jocelyne nous rejoint dans la prière

Rentrée en France, tu as exercé ta mission dans plusieurs établissements jusqu’à ce que tu trouves une place à l’école du Saint Sacrement d’Aigrefeuille où tu as appris à lire à des générations d’élèves durant une vingtaine d’années. Ton objectif était que tous sachent lire en fin d’année. Tu t’ingéniais alors pour que chacun ait l’environnement nécessaire. Tu faisais aussi le catéchisme principalement aux petits. Tu étais soutenue par les sœurs Oblates de sainte Thérèse qui ont longtemps animé cette école.

Tu aimais les petits et les pauvres, proches ou loin de l’église.

Tu t’es beaucoup dévouée pour ta paroisse :  bénévole au Secours catholique puis trésorière, confection du repas des prêtres le samedi, ta spécialité était le poulet en croûte au sel, car disais-tu, « c’est la seule chose que je sais faire ».

Tu faisais du covoiturage pour la Messe du dimanche et tu avais acheté une voiture avec un grand coffre pour pouvoir mettre le fauteuil roulant d’une personne handicapée.

Combien de tricots as-tu confectionnés pour tes petits-neveux et nièces ? Tu les voyais grandir avec joie et tu suivais chacun.

Tu aimais jouer aux cartes, au scrabble, ce que tu faisais régulièrement au club de La Jarrie dont tu as été présidente.

Un cancer soigné en 2008 avait été déclaré guéri et tu ne t’en souciais plus jusqu’à ce matin de septembre 2017 où tu n’as pas pu te lever. Transportée à l’hôpital de La Rochelle, opérée, tu ne retourneras plus chez toi. Ton frère Philippe et tes nièces s’occuperont de déménager ta maison et de la vendre avec beaucoup de dévouement.

Arrivée à l’Ehpad de Saint Sauveur d’Aunis, ce changement t’a transformée, tu y as été heureuse jusqu’à ce que la maladie te submerge. Tu aimais les animations, tu participais à ce qui était proposé selon tes goûts.

Depuis l’année 2000, tu faisais partie de la Fraternité des Missionnaires de la Plaine. Cela t’a beaucoup aidée spirituellement ainsi que les rencontres avec le Père Bigot qui venait régulièrement te voir. Les visites de Jean et Danielle qui t’apportaient la communion, le dévouement de Marie Madeleine qui te rendait de multiples services, les réunions organisées sur place avec Myrto, Odile, Marie Thérèse et ceux que je ne connais pas, ont été pour toi un grand réconfort.

Maintenant Monique, avec la Vierge Marie, nous allons célébrer en action de grâce pour la vie que le Seigneur t’a donnée et nous lui demandons sa miséricorde pour que la vie te soit donnée en plénitude pour l’éternité .

Texte de sa nièce Cécile 

" Qui mieux que le Seigneur connaissait Tante Monique ! 

Ce que je peux dire, c'est qu'elle était discrète, fidèle et toujours présente à nos repas dominicaux à la Raudière. 

Avec Isabelle, nous désirons souligner que Tante Monique avait une grande qualité d'écoute et une grande finesse d'analyse.

Quand elle écoutait son interlocuteur, elle ne faisait pas semblant. Son jugement restait posé, sûr et réfléchi.

Avec sa grande discrétion, elle parlait peu mais savait partager sa joie du moment.

Elle m'a avoué qu'elle n'avait jamais été aussi heureuse qu'en entrant dans sa maison de retraite à Saint Sauveur. 

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus l'aura accompagnée jusqu'au soir de sa vie.

Elle avait besoin d'elle, et lui faisait confiance. C'était sa grande sœur dans la Foi, qui ne la jugeait pas et qui l'accueillait telle qu'elle était. D'ailleurs, quand nous l'avons vu le samedi avant son départ, Tante Monique était tracassée car elle ne pouvait pas voir l'image de Sainte Thérèse qui était accrochée près de son lit. Elle nous a demandé de la déplacer afin qu'elle puisse la voir !

Et puis, lors de cette dernière visite, Tante Monique a posé une question existentielle concernant le grand passage :

"alors, ... comment ça se passe, et le SAV (Service Après Vente)?"

Alors je lui ai demandé comment elle voyait Dieu. Avait-elle l'image du Père autoritaire ou le Père plein d'amour? Elle m'a répondu : "Pff...ben voyons, c'est évident ", en haussant les épaules et en esquissant un sourire. 

Elle a toujours recherché l'amour du Christ. Son groupe de prière comptait énormément pour elle. 

D'ailleurs, dernièrement elle avait surligné une phrase du saint Curé d'Ars : " Ce n'est pas le pécheur qui revient à Dieu pour Lui demander pardon, mais c'est Dieu qui court après le pécheur et qui le fait revenir à Lui". 

Et puis, le mercredi 16 mars, elle s'est abandonnée comme Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus dans les bras de son Père et avec sagesse, elle l'a rejoint.  

Merci Seigneur pour ce bel exemple de foi que nous a montré Tante Monique dans sa fidélité.

 Nous te la confions, Seigneur.