A l'occasion de la 29ième journée des malades 

Le pape François parle aux/des malades (quelques extraits de sa lettre )

Aux malades : l’expérience de la maladie nous fait sentir notre vulnérabilité et,en même temps, le besoin inné de l’autre. Notre condition de créatures devient encore plus claire, et nous faisons l’expérience, d’une manière évidente, que nous dépendons de Dieu.

Quand nous sommes malades, en effet, l’incertitude, la crainte et parfois même le désarroi, envahissent notre esprit et notre cœur. La maladie nous oblige à demander à Dieu le sens de notre vie en cherchant une nouvelle signification et une nouvelle direction à notre existence…

 C’est ce que Job a fait, à travers sa fragilité extrême, en repoussant toute hypocrisie et en choisissant la voie de la sincérité envers Dieu et envers les autres, il fait parvenir son cri insistant jusqu’à Dieu, qui finit par lui répondre en lui ouvrant un horizon nouveau : il lui confirme que sa souffrance n’est pas une punition ou un châtiment ; elle n’est même pas un éloignement de Dieu ou un signe de son indifférence, si bien que Job finit par dire : « je te connaissais par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t'ont vu ! » (42, 5)

 

Aux soignants et aidants : la pandémie a mis en relief le dévouement et la générosité de soignants, de bénévoles, de travailleurs et de travailleuses, de prêtres, de religieux et religieuses qui, avec professionnalisme, abnégation, sens de la responsabilité et amour du prochain, ont aidé, soigné réconforté et servi beaucoup de malades et leurs familles. Une foule silencieuse d’hommes et de femmes qui ont choisi de regarder ces visages, en prenant en charge les blessures des patients qu’ils sentaient proches en vertu de leur appartenance commune à la famille humaine.

De fait, la proximité est un baume précieux qui apporte soutien et consolation à ceux qui souffrent dans la maladie. En tant que chrétiens, nous vivons la proximité comme expression de l’amour de Jésus Christ, le bon samaritain, qui, avec compassion, s’est fait le prochain de chaque être humain, blessé par le péché. Unis à lui par l’action de l’Esprit Saint, nous sommes appelés à être miséricordieux comme le Père et à aimer en particulier nos frères malades, faibles et souffrants (cf. Jean 13,34-35). Et nous vivons cette proximité non seulement personnellement, mais aussi sous forme communautaire ; en effet, l’amour fraternel dans le Christ engendre une communauté capable de guérir et qui n’abandonne personne, qui inclut et accueille, surtout les plus fragiles.

Devant les besoins de notre frère et de notre sœur, Jésus nous invite à nous arrêter, écouter, établir une relation directe et personnelle avec l’autre, ressentir empathie et émotions pour lui ou pour elle, nous laisser toucher par sa souffrance jusqu’à nous en charger par le service (cf. Luc 10, 30-35).

 

Pour une société fraternelle : il s’agit d’établir un pacte entre ceux qui ont besoin de soins et ceux qui les soignent ; un pacte fondé sur la confiance et le respect réciproque, sur la sincérité, sur la disponibilité, afin de surmonter toute barrière défensive, de mettre au centre la dignité du malade, de protéger la professionnalisation des soignants, et d’entretenir un bon rapport avec les familles des patients.

Cette relation avec la personne malade trouve une source inépuisable de motivation et de force dans la charité du Christ, comme on le voit depuis des siècles chez des hommes et des femmes qui se sont sanctifiés en servant les malades. En effet, du mystère de la mort et de la résurrection du Christ, jaillit cet amour qui est en mesure de donner un sens plénier à la condition du patient, et à celle de ceux qui prennent soin de lui.

 

Je confie toutes les personnes malades, les soignants et tous les aidants, à Marie Mère de Miséricorde et santé des malades. De la grotte de Lourdes et de ses innombrables sanctuaires érigés dans le monde entier, qu’elle soutienne notre foi et notre espérance, et qu’elle nous aide à prendre soin les uns des autres avec un amour fraternel.

Extraits du message du pape François à l'occasion de la 29ème journée mondiale du malade, 11 février 2021

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